Climats : un véritable repaire de changements
Depuis la
nuit des temps, l’homme éprouve le besoin de sortir de lui-même, de son monde à
lui pour atteindre d’autres cieux. Il éprouve le besoin de transmettre ses
pensées, ses émotions, ses aspirations les plus profondes. Du tambour au
téléphone et à l’ordinateur, du parchemin au papier, des morses à l’écriture,
l’homme s’est démené afin de parfaire ses moyens d’expression. Les littéraires, parmi lesquels Montaigne,
pensent que ‘’le véritable objet de la littérature est l’analyse et la peinture
de l’homme’’. André MAUROIS est l’un de ceux qui ont choisi
la littérature comme moyen d’expression.
Biographie et
bibliographie
André
MAUROIS fut un romancier, conteur, essayiste et biographe français né à Elbeuf,
le 26 juillet 1885 et mort le 09 octobre 1967 à Neuilly-sur-Seine. ‘’André MAUROIS’’ est le pseudonyme d’Emile Salomon
Wilhelm Herzog’’. Ce patronyme a fait place au pseudonyme ‘’André MAUROIS’’
« par un décret du président de la république du 27 juin 1947… Son nom de
plume devient ainsi son nom officiel ». Il fit ses études au lycée de Rouen et obtint
plus tard une licence en Lettres. Durant la première guerre mondiale, il a
servi comme officier de liaison auprès de l’armée britannique, puis il s’est
lancé dans une littérature prolifique.
L’histoire et la littérature
retiendront de lui, notamment :
A. Les romans :
-
Les
Silences du Colonel Bramble (1918), à qui Maurois doit sa
célébrité des débuts ;
-
Les
Discours du Docteur O’Grady (1921) ;
-
Benard
Quesnay (1926) ;
-
Climats
(1928) ;
-
L’instinct
du bonheur (1934) ;
-
Terre promise (1946) ;
-
Les roses
de Septembre (1956)
B. Les contes
et les nouvelles :
-
Meïpe ou la Delivrance (1926) ;
-
Le Pays de
trente-six mille volontés (1928) ;
-
Le Peseur
d’âmes (1931);
-
Etc.
C. Des essais
-
Dialogues
sur le commandement (1924) ;
-
Etudes
anglaises (1927) ;
-
Un art de
vivre (1939) ;
-
Lecture,
mon doux plaisir (1957) ;
-
Etc.
D. Des livres
consacrés à l’histoire
-
Histoire de l’Angleterre (1937) ;
-
Histoire des Etats-Unis (1943) ;
-
Histoire de France (1947) ;
E. Des
biographies
-
Ariel ou la vie de Shelley (1923) ;
-
Lyautey (1931) ;
-
A la recherche de Marcel Proust (1949) ;
-
Etc.
Résumé de Climats
Philipe Marcenat raconte à Isabelle
de Cheverny des extraits de son vécu ; il dit être épris de Mme Denise
Aubry. Peu de temps après, il rapporte qu’il aime Odile Malet, mais dont la
famille est entourée d’une mauvaise réputation. Les noces ont lieu. A peine
deux lois après leur mariage, Philippe pense qu’Odile n’était pas la ‘’déesse
faite d’ivoire et de clair de lune’’, mais une femme comme lui. Odile a connu
deux accidents successifs. Mais s’est fiancé à un certain Julien Godet.
L’absence de Misa inquiète Philippe. Pendant quelques jours, Odile feint d’être
souffrante et s’isole. En réalité, elle veut être libre, comme elle l’était
chez ses parents. Odile était changeante. Devant un autre homme que le sien,
elle était plutôt ouverte et détendue. C’était le cas quand elle se trouvait
devant François de Crozant, un marin. Après avoir longtemps caché son amour
pour lui, elle le dévoile et divorce d’avec Philippe. Pardieu ! Odile se
suicide quelques temps après. Le pauvre Philippe, tombé subitement malade, n’a
même pas pu assister aux funérailles d’Odile.
La vie continue… Philippe épouse Isabelle de Cheverny, veuve
d’un certain Jean de Cheverny. Cette dernière a des goûts différents des siens,
mais son amour lui fait oublier ces différences. Par exemple, elle n’aime pas
certaines activités de son mari, mais accepte d’y aller. Plus tard, Philippe a
commencé à fréquenter de près Solange Villier. On dirait qu’ils étaient devenus
amants. Isabelle, quant à elle, devait voyager avec son époux pour deux mois.
Tombée enceinte et suite aux complications de sa grossesse, elle a dû laisser aller
Philippe. Isabelle a eu l’occasion de rencontrer Misa et de lui parler
longuement, mais n’a pas tardé à renoncer à cette relation. Philippe rentra de
son voyage. Isabelle eut un fils, Alain. Dans une conversation entre Philippe
et Isabelle, toutes ‘’les reines’’ qui avaient fait vibrer le cœur de Philippe
étaient inventoriées : Denise Aubry, Odile, Hélène de Thianges, Isabelle,
Solange puis Isabelle. Le bonheur renaît dans leur vie, jusqu’à ce que Philippe
attrape une pneumonie… et en meurt.
Climats est donc un
roman qui nous fait vivre sous diverses formes des aventures amoureuses et
leurs conséquences.
Les différents traits de caractère
Ø Odile Malet :
-
Trop
indulgente : le désordre qu’il y avait chez elle méritait une
réprimande. Elle n’en fit rien ;
-
Tempérée : par
exemple, la page 38 rapporte que son amie Marie-Thérèse (Misa) écoutait des
concerts de musique d’une manière agitée ; elle, par contre, fermait les
yeux et suivait calmement. A la page 42, Philippe dit d’elle qu’elle était
douce, d’humeur égale.
-
Ne
s’intéressait pas aux détails et se contredisait souvent ;
nous en avons pour preuves les nombreuses affirmations de Philippe ;
-
Dévouée pour ses amis : la page 62
nous montre qu’en plein hiver, elle a voyagé pour Gondumas afin d’y chercher
une maison pour Misa et y chercher une maison et recommandait Misa à son
mari ;
-
Une femme
un peu trop renfermée : elle ne voulait pas qu’on lui pose beaucoup de
questions.
Ø Isabelle de Cheverny
-
Une femme
conciliante : bien que n’ayant pas les mêmes goûts en matière de
détente que son mari, elle accepte de l’accompagner là où il se rend ;
-
Une femme
attachante : elle a su supporter tous les caprices ̶
et parfois même le mépris ̶ de son mari. Elle n’a jamais songé à le
quitter, même quand ce dernier évoquait une probable séparation ; elle
disait vivre pour son mari.
-
Elle aimait
à s’intéresser aux détails : chaque fois qu’on lui racontait une histoire,
elle tenait à tout connaître, à en découvrir tous les contours.
Ø Philippe Marcenat
-
Animé par
un désir de grandeur : la page 2, paragraphe 13 rapporte : ‘’les
Marcenat voulaient voir le monde comme un paradis terrestre et décent et
c’était en eux plutôt grandeur qu’hypocrisie’’ ;
-
Nostalgique
et attaché aux détails : les 15 premières pages du récit
le présentent en train de raconter une histoire de sa vie avec de nombreux
détails.
-
Très
sensuel : cf. Page 28 : ‘’Quand il passait deux heures
avec Mme Aubry, il souhaitait mourir’’ ;
-
Très
changeant : cf. page 20. Il dit lui-même qu’il n’était pas le même
Philippe devant ses amis, ses parents, Mme Aubry Denise.
-
Indécis : il
savait depuis longtemps que sa femme, Odile, le trompait, mais n’en fit rien.
Que retenir de cette
lecture de Climats?
Notre
lecture nous a permis de savourer l’un des chefs-d’œuvre d’André MAUROIS, et
pourquoi pas, de la littérature française. Nous en avons apprécié tant bien le
fond que la forme, lesquels nous donnent un meilleur aperçu de la littérature
française de cette époque. Sans conteste, aucune tempête, aucun mythe, aucun climat
même ne pourraient dévaluer les Climats
d'André MAUROIS de leur littérarité.
