jeudi 9 novembre 2017

CRITIQUE SUR LE ROMAN ''CLIMATS'' DE André MAUROIS

                            

   Climats : un véritable repaire de changements



Depuis la nuit des temps, l’homme éprouve le besoin de sortir de lui-même, de son monde à lui pour atteindre d’autres cieux. Il éprouve le besoin de transmettre ses pensées, ses émotions, ses aspirations les plus profondes. Du tambour au téléphone et à l’ordinateur, du parchemin au papier, des morses à l’écriture, l’homme s’est démené afin de parfaire ses moyens d’expression.  Les littéraires, parmi lesquels Montaigne, pensent que ‘’le véritable objet de la littérature est l’analyse et la peinture de l’homme’’.  André MAUROIS est l’un de ceux qui ont choisi la littérature comme moyen d’expression.

Biographie et bibliographie

André MAUROIS fut un romancier, conteur, essayiste et biographe français né à Elbeuf, le 26 juillet 1885 et mort le 09 octobre 1967 à Neuilly-sur-Seine. ‘’André  MAUROIS’’ est le pseudonyme d’Emile Salomon Wilhelm Herzog’’. Ce patronyme a fait place au pseudonyme ‘’André MAUROIS’’ « par un décret du président de la république du 27 juin 1947… Son nom de plume devient ainsi son nom officiel ».  Il fit ses études au lycée de Rouen et obtint plus tard une licence en Lettres. Durant la première guerre mondiale, il a servi comme officier de liaison auprès de l’armée britannique, puis il s’est lancé dans une littérature prolifique.
L’histoire et la littérature retiendront de lui, notamment :
A.     Les romans :
-         Les Silences du Colonel Bramble (1918), à qui Maurois doit sa célébrité des débuts ;
-         Les Discours du Docteur O’Grady (1921) ;
-         Benard Quesnay (1926) ;
-         Climats (1928) ;
-         L’instinct du bonheur (1934) ;
-         Terre promise (1946) ;
-         Les roses de Septembre (1956)
B.     Les contes et les nouvelles :
-         Meïpe ou la Delivrance (1926) ;
-         Le Pays de trente-six mille volontés (1928) ;
-         Le Peseur d’âmes (1931);
-         Etc.
C.     Des essais
-         Dialogues sur le commandement (1924) ;
-         Etudes anglaises (1927) ;
-         Un art de vivre (1939) ;
-         Lecture, mon doux plaisir (1957) ;
-         Etc.
D.    Des livres consacrés à l’histoire
-         Histoire de l’Angleterre (1937) ;
-         Histoire des Etats-Unis (1943) ;
-         Histoire de France (1947) ;
E.     Des biographies
-         Ariel ou la vie de Shelley (1923) ;
-         Lyautey (1931) ;
-         A la recherche de Marcel Proust (1949) ;
-         Etc.


Résumé de Climats

Philipe Marcenat raconte à Isabelle de Cheverny des extraits de son vécu ; il dit être épris de Mme Denise Aubry. Peu de temps après, il rapporte qu’il aime Odile Malet, mais dont la famille est entourée d’une mauvaise réputation. Les noces ont lieu. A peine deux lois après leur mariage, Philippe pense qu’Odile n’était pas la ‘’déesse faite d’ivoire et de clair de lune’’, mais une femme comme lui. Odile a connu deux accidents successifs. Mais s’est fiancé à un certain Julien Godet. L’absence de Misa inquiète Philippe. Pendant quelques jours, Odile feint d’être souffrante et s’isole. En réalité, elle veut être libre, comme elle l’était chez ses parents. Odile était changeante. Devant un autre homme que le sien, elle était plutôt ouverte et détendue. C’était le cas quand elle se trouvait devant François de Crozant, un marin. Après avoir longtemps caché son amour pour lui, elle le dévoile et divorce d’avec Philippe. Pardieu ! Odile se suicide quelques temps après. Le pauvre Philippe, tombé subitement malade, n’a même pas pu assister aux funérailles d’Odile.
                  La vie continue… Philippe épouse Isabelle de Cheverny, veuve d’un certain Jean de Cheverny. Cette dernière a des goûts différents des siens, mais son amour lui fait oublier ces différences. Par exemple, elle n’aime pas certaines activités de son mari, mais accepte d’y aller. Plus tard, Philippe a commencé à fréquenter de près Solange Villier. On dirait qu’ils étaient devenus amants. Isabelle, quant à elle, devait voyager avec son époux pour deux mois. Tombée enceinte et suite aux complications de sa grossesse, elle a dû laisser aller Philippe. Isabelle a eu l’occasion de rencontrer Misa et de lui parler longuement, mais n’a pas tardé à renoncer à cette relation. Philippe rentra de son voyage. Isabelle eut un fils, Alain. Dans une conversation entre Philippe et Isabelle, toutes ‘’les reines’’ qui avaient fait vibrer le cœur de Philippe étaient inventoriées : Denise Aubry, Odile, Hélène de Thianges, Isabelle, Solange puis Isabelle. Le bonheur renaît dans leur vie, jusqu’à ce que Philippe attrape une pneumonie… et en meurt.
           Climats est donc un roman qui nous fait vivre sous diverses formes des aventures amoureuses et leurs conséquences.


Les différents traits de caractère

Ø Odile Malet :
-         Trop indulgente : le désordre qu’il y avait chez elle méritait une réprimande. Elle n’en fit rien ;
-         Tempérée : par exemple, la page 38 rapporte que son amie Marie-Thérèse (Misa) écoutait des concerts de musique d’une manière agitée ; elle, par contre, fermait les yeux et suivait calmement. A la page 42, Philippe dit d’elle qu’elle était douce, d’humeur égale.
-         Ne s’intéressait pas aux détails et se contredisait souvent ; nous en avons pour preuves les nombreuses affirmations de Philippe ;
-          Dévouée pour ses amis : la page 62 nous montre qu’en plein hiver, elle a voyagé pour Gondumas afin d’y chercher une maison pour Misa et y chercher une maison et recommandait Misa à son mari ;
-         Une femme un peu trop renfermée : elle ne voulait pas qu’on lui pose beaucoup de questions.




Ø Isabelle de Cheverny
-         Une femme conciliante : bien que n’ayant pas les mêmes goûts en matière de détente que son mari, elle accepte de l’accompagner là où il se rend ;
-         Une femme attachante : elle a su supporter tous les caprices  ̶  et parfois même le mépris  ̶  de son mari. Elle n’a jamais songé à le quitter, même quand ce dernier évoquait une probable séparation ; elle disait vivre pour son mari.
-         Elle aimait à s’intéresser aux détails : chaque fois qu’on lui racontait une histoire, elle tenait à tout connaître, à en découvrir tous les contours.
Ø Philippe Marcenat
-         Animé par un désir de grandeur : la page 2, paragraphe 13 rapporte : ‘’les Marcenat voulaient voir le monde comme un paradis terrestre et décent et c’était en eux plutôt grandeur qu’hypocrisie’’ ;
-         Nostalgique et attaché aux détails : les 15 premières pages du récit le présentent en train de raconter une histoire de sa vie avec de nombreux détails.
-         Très sensuel : cf. Page 28 : ‘’Quand il passait deux heures avec Mme Aubry, il souhaitait mourir’’ ;
-         Très changeant : cf. page 20. Il dit lui-même qu’il n’était pas le même Philippe devant ses amis, ses parents, Mme Aubry Denise.
-         Indécis : il savait depuis longtemps que sa femme, Odile, le trompait, mais n’en fit rien.

Que retenir de cette lecture de Climats?

Notre lecture nous a permis de savourer l’un des chefs-d’œuvre d’André MAUROIS, et pourquoi pas, de la littérature française. Nous en avons apprécié tant bien le fond que la forme, lesquels nous donnent un meilleur aperçu de la littérature française de cette époque. Sans conteste, aucune tempête, aucun mythe, aucun climat même ne pourraient dévaluer les Climats d'André MAUROIS de leur littérarité.





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